La forme « vous en ferez » pose un problème récurrent à l’écrit, y compris chez des rédacteurs expérimentés. Le doute porte rarement sur le sens de la phrase, mais sur la terminaison du verbe « faire » quand il est précédé du pronom « en » et conjugué au futur simple. Identifier précisément le temps, le sujet et le rôle de « en » dans la phrase suffit à lever l’ambiguïté.
Le pronom « en » et la conjugaison de « faire » au futur simple
La difficulté naît souvent d’une confusion entre plusieurs formes proches. « Vous en ferez » associe le sujet « vous », le pronom « en » (qui remplace un complément introduit par « de » ou reprend une idée déjà mentionnée) et le verbe « faire » conjugué au futur simple.
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Le point à retenir : la présence de « en » ne modifie jamais la conjugaison du verbe. Que la phrase contienne « en » ou non, « faire » au futur simple avec « vous » donne toujours « ferez ». On écrit « vous ferez » et « vous en ferez » exactement de la même manière.
Le futur simple de « faire » se conjugue sur un radical irrégulier : « fer- ». Les terminaisons, elles, restent régulières pour le futur : -ai, -as, -a, -ons, -ez, -ont. Pour « vous », la terminaison est systématiquement -ez au futur simple.
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Confusions fréquentes avec « ferez » : présent, impératif, conditionnel
L’erreur la plus courante n’est pas simplement d’hésiter entre « ferez » et « faites ». Plusieurs formes verbales de « faire » conjuguées avec « vous » coexistent et se ressemblent à l’oreille ou à l’écrit.

- « Vous en ferez » (futur simple) : action à venir, certitude ou engagement. Exemple : « Vous en ferez part à l’équipe demain. »
- « Vous en faites » (présent de l’indicatif) : action en cours ou habitude. Exemple : « Vous en faites trop en ce moment. »
- « Faites-en » (impératif présent) : ordre ou conseil. Notez le trait d’union et l’absence du pronom « vous ». Exemple : « Faites-en une copie. »
- « Vous en feriez » (conditionnel présent) : hypothèse ou politesse. Exemple : « Vous en feriez quoi si le budget était doublé ? »
Distinguer ces quatre formes repose sur une seule question : quel est le temps de la phrase ? Si l’action est située dans l’avenir avec certitude, c’est le futur simple, donc « ferez ».
Méthode de vérification rapide pour « vous en ferez »
Plutôt que de mémoriser des tableaux de conjugaison complets, une technique simple permet de trancher en quelques secondes. Elle fonctionne pour « faire » comme pour la plupart des verbes du troisième groupe.
Remplacez « vous » par « je » dans la phrase. Si la forme devient « j’en ferai », vous êtes bien au futur simple, et la forme correcte avec « vous » est « ferez ». Si la forme devient « j’en fais », vous êtes au présent, et il faut écrire « faites ».
Ce test de substitution fonctionne parce que le futur simple se reconnaît à son radical suivi de la terminaison. Avec « je », la terminaison « -ai » du futur est facile à distinguer du présent « -ais » ou « -is ». Le doute se dissipe presque toujours en reformulant à la première personne.
Autre repère utile : cherchez dans la phrase un marqueur temporel. Les mots « demain », « la semaine prochaine », « après », « bientôt », « dès que » orientent vers le futur simple. Leur présence confirme que « ferez » est la bonne forme.
Pourquoi « faire » au futur piège plus souvent que d’autres verbes
Le verbe « faire » cumule deux particularités qui expliquent la fréquence des erreurs. D’abord, son radical change selon le temps : « fais- » au présent, « fer- » au futur, « f- » au subjonctif. Cette irrégularité empêche de s’appuyer sur l’automatisme qui fonctionne pour les verbes réguliers.

Ensuite, « faire » est l’un des verbes les plus utilisés en français. Plus un verbe revient souvent dans la langue parlée, plus les formes orales influencent l’écrit. À l’oral, la différence entre « vous en ferez » et « vous en feriez » est subtile, parfois imperceptible selon le débit. Cette proximité phonétique se transfère à l’écrit.
Les correcteurs automatiques ne rattrapent pas toujours cette erreur. Un correcteur ne signale rien si la forme est grammaticalement valide dans un autre contexte. « Vous en feriez » est correct en soi, mais faux si le sens de la phrase appelle le futur simple. La relecture humaine reste le dernier filtre fiable sur ce type de confusion.
Cas pratiques : phrases où le doute revient souvent
Quelques formulations reviennent régulièrement dans les courriels professionnels et les documents administratifs. Les passer en revue permet de fixer la bonne graphie.
« Vous en ferez bon usage » : futur simple, action à venir. Le contexte implique que l’objet ou l’information sera utilisé plus tard. « Vous en ferez la demande auprès du service concerné » : même logique, instruction pour une action future.
« Vous en ferez partie dès septembre » : ici, « en » remplace le groupe nominal introduit par « de » (faire partie de quelque chose). Le verbe reste au futur simple, terminaison « -ez ».
Dans ces trois cas, remplacer « vous » par « tu » donne « tu en feras », ce qui confirme le futur. Si la phrase avait un sens conditionnel (« si vous le souhaitiez, vous en feriez partie »), le « -iez » s’imposerait.
La confusion entre « ferez » et « feriez » reste la plus piégeuse parce que les deux formes sont grammaticalement correctes. Seul le sens de la phrase, appuyé par le contexte temporel, permet de choisir. Quand le doute persiste, la substitution par « je » ou « tu » tranche en une seconde, sans avoir besoin de consulter un tableau de conjugaison.

